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"En me peignant un grand personnage, que l'historien se garde bien de me présenter un héros qui ne tiendroit point à son siècle ou qui n'auroit aucun défaut: ce seroit ne pas connôître la nature. Le caractère personnel de chaque homme est toujours subordonné au caractère national, soit parce qu'on y tient par son éducation, soit parce qu'on est obligé de s'y prêter pour réussir dans ses projets. Les passions sont toujours les mêmes; mais plus ou moins contraintes par les lois et les mœurs publiques, elle se montrent d'une manière différente. Manlius-Capitolius avoit toute l'ambition de Marius; mais Tite-Live se gardera bien de peindre le premier avec les mêmes couleurs qu'il a peint sans doute le second dans la partie de son ouvrage que nous avons perdue. Ces nuances délicates sont le fruit du génie, et j'aime à découvrir dans un homme extraordinaire ce qu'il tient de la nature et ce qu'il tient des circonstances. Manlius dans Tite Live cache son ambition sous le masque des vertus les plus propres à plaire aux Romains; et Marius, dans une ville déjà teinte du sang de ses citoyens, gouvernera en tyran une république encore libre, mais qui ne mérite plus de l'être."
Accord d’Oriane (Encre de Chine rouge): je ne suis pas historienne cependant le roman dont je donne dans mes carnets des fragments (qui devront d’ailleurs peut-être rester en cet état dans l’œuvre définitive… je ne sais pas trop encore) touche à l’histoire puisque le Général Proust, mon mari, a indéniablement joué un rôle politique et donc historique. Cette problématique est donc tout à fait la mienne. De plus, m’étant donnée comme règle d’intégrer mes fragments au récit, en tant qu’éléments de ce récit, je dois me demander comment modifier légèrement celui-ci pour y parvenir et comment le faire intervenir «naturellement». Ce pourrait-être par le biais d’une réflexion de l’auteur… assez classique. A voir.
Contexte: Écrire l'histoire
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